Message du Dr Massoud Pezeshkian, Président de la République islamique d’Iran, adressé au peuple des États-Unis
پیام جناب آقای پزشکیان، رئیس جمهور محترم جمهوری اسلامی ایران به مردم آمریکا: ما با مردم آمریکا دشمنی نداریم.
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Au peuple des États-Unis et à ceux qui, au milieu d’un flot de déformations et de récits fabriqués, recherchent la vérité et une vie meilleure.
L’Iran, avec ce nom, cette identité et cette existence, est l’une des plus anciennes civilisations continues de l’histoire de l’humanité. Une civilisation qui, malgré ses avantages historiques et géographiques à différentes époques, n’a jamais choisi la voie de la guerre, de l’agression, de la colonisation ou de la domination dans son histoire contemporaine. Bien qu’ayant subi des occupations, des agressions et des pressions imposées par les grandes puissances, et malgré des capacités militaires supérieures à celles de nombreux pays voisins, l’Iran n’a jamais été l’initiateur d’une guerre, mais a repoussé courageusement les agresseurs.
Le peuple iranien n’a jamais nourri d’hostilité envers d’autres peuples, y compris le peuple américain, européen ou ses voisins. Les Iraniens ont toujours distingué entre les peuples et les gouvernements, même face aux ingérences et pressions étrangères. C’est un principe profondément enraciné dans la culture iranienne.
Ainsi, présenter l’Iran comme une menace ne correspond ni à la réalité historique ni aux faits actuels. Cette image est le produit des besoins politiques et économiques des structures de pouvoir : créer un ennemi pour justifier la pression, maintenir la supériorité militaire, alimenter l’industrie de l’armement et contrôler les marchés stratégiques.
C’est dans ce cadre que les États-Unis ont concentré leurs forces et bases militaires autour d’un Iran qui, depuis la naissance des États-Unis, n’a jamais déclenché de guerre. Les récentes agressions américaines depuis ces bases démontrent la nature menaçante de cette présence. Il est évident qu’aucun pays ne renoncera à renforcer ses capacités défensives dans de telles conditions. Ce que fait l’Iran n’est que réaction et défense, non agression.
Les relations entre l’Iran et les États-Unis n’étaient pas fondées sur l’affrontement. Le tournant fut le coup d’État de 1953, destiné à contrer la nationalisation des ressources iraniennes, qui interrompit la démocratie, réinstalla la dictature et sema la méfiance envers Washington. Cette méfiance s’est accrue avec le soutien au régime pré-révolutionnaire, l’appui à Saddam Hussein durant la guerre imposée, les sanctions les plus longues et les plus étendues, et enfin les actions militaires directes contre l’Iran.
Malgré ces pressions, l’Iran s’est renforcé : le taux d’alphabétisation est passé de 30 % à 90 %, l’enseignement supérieur s’est développé, les technologies modernes ont progressé, les services de santé se sont étendus et les infrastructures se sont considérablement améliorées. Ces réalités sont observables indépendamment des récits médiatiques.
Cependant, on ne peut ignorer l’impact destructeur des sanctions, de la guerre et de l’agression sur la vie du peuple iranien. Les attaques récentes contre les infrastructures vitales — énergie, industrie — visent directement le peuple iranien. Elles signifient instabilité accrue, coûts humains et économiques plus élevés, cycle de tensions et semence de haine dont les effets dureront des années. Ce chemin n’est pas un signe de puissance, mais de confusion et d’incapacité à trouver une solution durable.
La question essentielle est : cette guerre sert-elle réellement les intérêts du peuple américain ? Quel danger concret l’Iran représentait-il pour justifier de telles actions ? Le massacre d’enfants innocents, la destruction d’usines pharmaceutiques, ou les menaces de « ramener une nation à l’âge de pierre » ne font qu’aggraver l’image mondiale des États-Unis.
L’Iran a négocié, respecté ses engagements. Ce sont les États-Unis qui se sont retirés des accords et ont choisi l’affrontement, allant jusqu’à attaquer en pleine négociation.
Aujourd’hui, le monde est à un point où la poursuite de la confrontation est plus coûteuse et stérile que jamais. Le choix entre confrontation et coopération est un choix réel et décisif, dont les conséquences détermineront l’avenir des générations.
L’Iran, au cours de ses millénaires d’histoire glorieuse, a vu de nombreux agresseurs. Il ne reste d’eux qu’un nom honteux dans l’histoire, tandis que l’Iran demeure debout, fier et honorable.
Massoud Pezeshkian Président de la République islamique d’Iran